TÉLÉCHARGER KAMEL DAOUD MEURSAULT CONTRE ENQUETE PDF GRATUITEMENT

TÉLÉCHARGER KAMEL DAOUD MEURSAULT CONTRE ENQUETE PDF GRATUITEMENT

TÉLÉCHARGER KAMEL DAOUD MEURSAULT CONTRE ENQUETE PDF GRATUITEMENT

Alors qui a été tué? Résumé Il est le frère de "l'Arabe" tué par un certain Meursault dont le crime est relaté dans un célèbre roman du XXesiècle. Soixante-dix ans après les faits, Haroun, qui depuis l'enfance a vécu dans l'ombre et le souvenir de l'absent, ne se résigne pas à laisser celui-ci dans l'anonymat : il redonne un nom et une histoire à Moussa, mort par hasard sur une plage trop ensoleillée. Haroun est un vieil homme tourmenté par la frustration. Soir après soir, dans un bar d'Oran, il rumine sa solitude, sa colère contre les hommes qui ont tant besoin d'un dieu, son désarroi face à un pays qui l'a déçu.

Nom: kamel daoud meursault contre enquete pdf gratuitement
Format:Fichier D’archive
Version:Dernière
Licence:Libre!
Système d’exploitation: MacOS. Android. iOS. Windows XP/7/10.
Taille:46.22 MB

Meursault dans L'Etranger, voilà donc l'objet du délit camusien! C'est la première fois que l'un d'entre eux, en l'occurrence un primo-romancier,, renverse l'histoire racontée par l'auteur de La Peste, le Mythe de Sisyphe, etc. Les gens en parlent encore mais n'évoquent qu'un seul mort?

Télécharger le fichier (PDF)

Oui, deux. La raison de cette omission? Le premier savait raconter, au point qu'il a réussi à faire oublier son crime, alors que le second était un pauvre illettré que Dieu a créé uniquement, semble-t-il, pour qu'il reçoive une balle et retourne à la poussière.

Il s'adresse à un interlocuteur imaginaire. Dans un bar d'oran, il noie ses souvenirs et son chagrin perpétuel dans l'alcool et évoque donc la figure de son frère tué, de cinq balles de revolver, par Meursault. Même profil. Les bars encore ouverts dans ce pays sont des aquariums où nagent des poissons alourdis raclant les fonds. On vient ici quand on veut échapper à son âge, son dieu ou sa femme, je crois, mais dans le désordre. Et quand on aura atteint le dernier bar, il faudra jouer des coudes, on sera nombreux, vieux.

Un vrai Jugement dernier que ce moment. Le Titanic. Va savoir. On va juste regarder tous les autres Moussa de ce bouge, un par un, et imaginer, comme je le fais souvent, comment ils auraient survécu à une balle tirée sous le soleil ou comment ils ont fait pour ne jamais croiser ton écrivain ou, enfin, comment ils ont fait pour ne pas être encore morts. Ils sont des milliers, crois-moi.

À déambuler sur des plages, à enterrer des mères mortes et à regarder dehors pendant des heures depuis leur balcon. On a fini, tous deux, par enterrer Moussa, réellement. Il vient presque tous les jours ici. Autant de fois que moi. Ils attendent simplement, tournés vers celui qui vit, sans mots, sans mouvements, le regard patient, les yeux fixés sur une date.

Ma grand-mère est morte du typhus, cet épisode a suffi à fabriquer un calendrier. Tu veux la vérité? Elle habite une maison sous le ciel où rôdent un mort et un citronnier.

Elle passe la journée à en balayer chaque recoin. Elle efface des traces. De qui, de quoi? Nous avons mis, ma mère et moi, le plus de distance possible entre nous et le bruit des vagues. Reprenons la chronologie.

Meursault, contre-enquête Kamel Daoud

Le patron était un Alsacien obèse qui a fini étouffé dans ses propres graisses, je crois. La vie dans les campagnes était dure, révélant ce que les villes cachaient, à savoir que ce pays crevait de faim. Des nuits de veille et de vigilance, collé à son flanc. Étrangement, nous avons gravité dans les parages de Hadjout pendant des années avant de trouver des murs solides.

Elle est composée de trois pièces dont les murs sont couverts de papier peint ; dans la cour, un citronnier nain fixe le ciel. Eh oui! La faim. Je ne veux pas jouer la victime, mais la dizaine de mètres qui séparait notre taudis de la maison du colon nous a coûté des années de marche entravée, alourdie, comme dans un cauchemar, de boue et de sables mouvants.

Oui, oui, on a fait comme tout le monde, dès les premiers jours de liberté, on a fracassé la porte, pris la vaisselle et les chandeliers. Je me perds un peu. Après, il ne se passe rien. Le village est devenu plus gros, moins ordonné.

Les cyprès y ont disparu, et les collines aussi, sous la prolifération des villas inachevées. Où se trouve la tombe de la mère de ton héros? Personne, me semble-t-il. Est-ce que ton héros a menti sur ses propres origines?

Je crois que oui. Cela expliquerait son indifférence légendaire et sa froideur impossible dans un pays inondé de soleil et de figuiers. On dirait une reconstruction faite main, pas une confidence. Un alibi trop parfait, pas un souvenir. Une fosse que je creuse sans cesse. Mon dieu, comme je me sens mal! Je te regarde et je me demande si tu es digne de confiance.

Croiras-tu à cette autre version des faits, complètement inédite? Non, bon, pas maintenant, on verra plus tard, un jour peut-être.

Où aller quand on est déjà mort? Je crois que tu veux des faits, pas des parenthèses, non? Sa féminité était morte et avec elle le soupçon des hommes. Je vécus une liberté absolue, laquelle dura exactement quarante jours. Peine perdue. Moussa avait disparu, mort absolument et avec une perfection incompréhensible. Dans cet endroit de sable et de sel, ils avaient été deux, lui et le tueur, deux uniquement.

Du meurtrier, nous ne savions rien. On ne lui trouva rien de particulier sauf sa cigarette coincée entre les lèvres et on oublia aussitôt ses traits pour les confondre avec ceux de tous les siens. En vain. Moussa avait été déclaré mort et emporté par les eaux après le délai religieux de quarante jours. Moussa est mort depuis des semaines.

À chaque voix correspondent, dans ma tête, une femme, un âge, un souci, une humeur, et même le type de linge qui sera étendu ce jour-là. On frappe à notre porte. Le tout dure jusque vers midi. Et je laisse faire. Ma mère devint féroce en un sens. Un univers sombre et tiède où prénoms et présages étaient chuchotés. Elle prit goût à son martyre. Bien sûr. Chez nous, la mère est la moitié du monde. Mais je ne lui ai jamais pardonné sa façon de me traiter.

Oui, la langue. Il me fallait apprendre une autre langue que celle-ci. Pour survivre. Et ce fut celle que je parle en ce moment.

À partir de mes quinze ans présumés, date à laquelle nous nous sommes repliés vers Hadjout, je suis devenu un écolier grave et sérieux. La nuit tombe et il ne nous reste que quelques heures avant que le bar ne ferme. Le temps presse. Ce furent des années étranges. Je me dis que nous avons dû offrir un étrange spectacle à notre arrivée à Hadjout : une mère cachant entre ses seins deux morceaux de journal soigneusement pliés, un adolescent à la tête baissée sur ses pieds nus et quelques bagages de gueux.

On était dans les années , et les Françaises, dans leurs robes courtes et fleuries, avaient des seins que mordait le soleil. Te raconter un peu Hadjout? Elle ne dit plus rien.

Je déteste ce mot, on y entend le vacarme de ses définitions multiples.

FRENCHPDF. COM Meursault Contre Enquete Kamel Daoud

Un souffle rauque traverse ma mémoire chaque fois que le monde se tait. Tu veux un autre verre ou tu veux partir? Tiens, revoilà le fantôme de la bouteille.

En poussant la porte de ce bar, tu as ouvert une tombe, mon jeune ami. Est-ce que tu as le livre dans ton cartable?

Dès le début, on le sent à la recherche de mon frère. En vérité, il le cherche, non pas tant pour le rencontrer que pour ne jamais avoir à le faire.

'+_.J(b)+"

Elle a rendu impossible, par la suite, toute tentative de présenter mon frère comme un chahid. Ha, ha! Tu bois quoi? Ici, les meilleurs alcools, on les offre après la mort, pas avant.

Que veut dire Meursault? Et là, toi, comme tous tes aînés, tu fais fausse route. Je ne joue même pas le deuil, seulement… seulement quoi?

Je ne sais pas. Je crois que je voudrais que justice soit faite. Je crois que je devine pourquoi on écrit les vrais livres. Pas pour se rendre célèbre, mais pour mieux se rendre invisible, tout en réclamant à manger le vrai noyau du monde. Bois et regarde par les fenêtres, on dirait que le pays est un aquarium. Cela te paraît invraisemblable? Tu as tort. Y était annoncée, en trois lignes, la mort de sa mère, quelque part dans le profond pays sans arbres.

Vas-y, remets-toi donc à lire, même si tout est écrit dans ma tête.

Je ne suis pas une génisse, bon sang, je suis ton frère! Moussa était mon aîné, sa tête heurtait les nuages.